Q : Etre une star à 25 ans, c'est pas trop dur ?
R : Non. Je ne me considère pas comme une star, juste comme un jeune artiste qui essaie de se débrouiller dans la musique. Ma vie n'a pas changé. Tout est toujours pareil. Non c'est pas dure du tout.
Q : Ton album "la main sur le coeur" fait plutôt de bonnes ventes, quelle est ta recette du succès ?
R : A vrai dire il n'y a pas de recette particulière. Je pense juste avoir attendu mon tour et j'essaie de donner le meilleur à chaque fois, sur n'importe quel projet.
Q : Depuis plus de 5 ans, on a l'impression que le rap français tourne en rond... Mais j'ai l'impression que Sinik apporte quelque chose de nouveau. D'après lui qu'est-ce qui le différencie des autres ?
R : Je dirais la sincérité dans les propos, ne pas hésiter à se dévoiler, à dire des choses vraies où les gens se reconnaissent.
Q : Cela ne te gêne pas d'avoir une étiquette : "l'Eminem à la française" ?
R : Non pas plus que cela. Je trouve que la comparaison est facile, cela ne me surprend donc pas, ça m'indiffère.
Q : Comment se passe "l'Indépendance Tour" avec S kadrille et Tandem ? Cela dure jusqu'à quand ?
R : Cela se passe très bien jusqu'à présent. Nous avons été bien accueillis à chaque fois. Il n'y a pas de différences entre les 3 groupes et l'ambiance est bonne. Cela se termine à Paris le 14 mai à L'Elysée Montmartre.
Q : Aujourd'hui pour percer dans le rap français et donc faire un peu de thune , faut-il obligatoirement passer par la case skyrock ?
R : Bonne question. Je ne sais pas s'il faut passer obligatoirement par Skyrock, mais c'est un élément incontournable si l'on veut vendre et toucher un plus large public.
Q : Concernant "Artiste Triste", comme on le sait tu es allé en prison juste après sa sortie. Il n'y a pas eu beaucoup de promo (radios, magazines...). Mais même maintenant que tu es là, on te voit pas souvent dans la presse spécialisée, est-ce que c'est un choix personnel...?
R : Pour être franc avec toi, je ne pense pas qu'on puisse dire que l'on ne me voit pas dans la presse spécialisée. Les magazines ont joué le jeu, j'ai fait quasiment toutes les couvertures des magazines, sauf une.
Q : Que penses-tu de la scène du rap français, pas un peu trop commerciale ? Pourquoi les beats ne sont plus comme avant (de plus en plus pompés aux States) ? En gros, le rap français part un peu en sucette et quel conseil donnes-tu aux faux "MC" pour arranger tout ça ?
R : La scène rap française n'est pas trop commerciale. En ce moment on est dans le cadre d'une tournée avec S Kadrille, Tandem et moi-même et je ne pense pas que l'on soit des groupes commerciaux et pourtant on se débrouille. Les beats ne sont plus comme avant car beaucoup ont été influencés par les instrus américaines et c'est vrai que l'identité rap français s'est un peu perdue, mais cela revient ....
Q : Es-tu pour le mélange des genres style Linkin Park/Jay-z ?
R : Non pas trop. Je pense que chacun a son univers personnel et le fait de vouloir le mélanger à d'autres genres, c'est plus pour un côté business qu'artistique et je n'apprécie pas trop cette démarche. Et je pense que le rap et le rock ne se marient pas bien ensemble.
Q : Que penses-tu des groupes de rap expérimentaux qui se démarquent comme TTC ou encore Svinkels ?
R : C'est pas ma tasse de thé. Ils sont dans leur univers personnel.
Q : Qu'est qui t'a donné l'envie d'être chanteur de rap ?
R : La passion pour l'écriture tout simplement et le fait d'en écouter depuis plusieurs années. Cela s'est fait naturellement, j'ai pas eu le temps de calculer.
Q : Salut Sinik, pourrais-tu me parler de ton clash avec Rohff s'il te plaît ?
R : C'est marrant, il n'y a pas eu de clash. Nous nous sommes déjà rencontrés et on s'apprécie mutuellement. Ce ne sont que des rumeurs.
Q : Salut Sinik, pourquoi as-tu fait cette chanson sur MC Gabin ?
R : Je ne vois pas de quelle chanson tu parles.
Q : Dans ton album quelle est la chanson qui te tiens le plus à coeur ? Max de respect ! Merci pour tes sons !
R : Merci, c'est gentil. Je dirais "une époque formidable", parce qu'elle synthétise bien ma vie.
Q : Moi je suis de la génération hard-punk, dans ce milieu on ne voit pas de problèmes de drogues et de violence, pourtant c'est assez bruyant comme zik. Ne croyez-vous pas être (le rap en général) à la base des conflits dans nos cités ?
R : Que ce soit du rock, du rap, même dans le sport, c'est courant. Je ne pense pas que le rap soit à la base des conflits, je pense qu'il est plutôt là pour les régler, contrairement au rock qui n'est pas forcément une musique à message
Q : A quand un DVD accompagnant l'album ?
R : Peut-être sur le 2ème album, je pense. Il faut un minimum d'images et de vécu artistique pour faire un DVD.
Q : C'est quoi tes références dans le rap français ? Kery James ? Que penses-tu de Kool Shen qui raccroche le mic ?
R : Je pense que son parcours est un parcours que tout le monde rêve d'avoir. Il a travaillé dans la durée, il a apporté énormément au rap français. Je pense que tout le monde devrait prendre exemple sur des artistes comme cela. Ce sont des légendes du rap, mais qui restent humbles. Total respect pour Kool Shen.
Q : Combien de temps mets-tu environ pour écrire un texte ?
R : C'est variable. Cela peut très bien être en 2 minutes ou en une journée. Cela dépend de plein de choses : de la musique, de mon inspiration, des conditions dans lesquelles j'écris. Globalement, c'est pas longtemps.
Q : Je ne suis pas un adepte du rap, mais je voulais te poser une question : qu'est-ce que tu penses de la "guerre" entre les "rappeurs" et les "métalleux" ?
R : J'ai pas l'impression que ce soit une guerre, mais plutôt une différence de culture et de goût tout simplement.
Q : Sinik as-tu une petite copine ?
R : Oui.
Q : Où puises-tu les textes ? Dans ta vie, tes expériences ou est-ce un peu de l'imagination poétique ?
R : Dans ma vie de tous les jours. Rien d'imaginé, c'est que du réel, des choses vécues, simplement retranscrites.
Q : Ouaiche Sinik, dis-moi : Diam's c'est ta soeur ou ta meuf ?
R : C'est ni l'un ni l'autre. C'est une très bonne amie que je connais depuis longtemps et qui a toujours été présente.
Q : Que penses-tu du fait que tu as fait revivre "le clash " et que tu en es devenu la référence ?
R : J'ai pas la prétention de dire que je l'ai fait revivre ou pas. Maintenant si les gens ont aimé ou si cela les a motivés à écrire des clashs, c'est bien.
Q : Sinik, si on te proposerait un duo avec quelqu'un, avec qui voudrais-tu le faire et pourquoi ?
R : Sincèrement j'ai aucun nom en tête. J'ai travaillé avec pas mal de gens dans le rap mais pour l'instant je n'ai pas de préférence.
Q : Sinik, que penses-tu de Kizito qui essaie de gratter du buzz en parlant sur toi ?
R : Je pense que c'est un tout petit clasheur et je me souviens que la seule fois où je l'ai vu, je l'ai terminé sur scène devant tout le monde.
Q : J'ai beaucoup écouté de rap français, et depuis quelques années, je n'écoute plus que du rap américain, je trouve que le rap français est devenu un stéréotype composé de clichés utilisés dans un but lucratif assez écoeurant, qu'en penses-tu ?
R : Je pense que ce n'est pas tout à fait faux et qu'en même temps il ne faut pas généraliser. En matière de clichés et de stéréotype, le rap américain c'est pas mieux. Je ne pense pas que ce soit un bon choix non plus.
Q : Pourrais-tu me donner le top ten du rap underground en France ?
R : Tandem - S Kadrille - La Fouine - Al Peco - 26 hall, etc.
Q : Comment pensez-vous régler ces fameux problèmes et prôner la démocratie et l'égalité de tous, quand vos propres actes dans la vie courante n'amènent rien d'autre que l'anarchie ?
R : Qu'est-ce qui te prouve que mes actes de ma vie courante d'aujourd'hui amènent à l'anarchie ????? Tu parles de choses que j'ai vécu il y a presque 10 ans maintenant et j'ai plus l'impression que tu te rappelles plus de ces actes que des paroles d'aujourd'hui qui dénoncent toutes ces choses qui vont pas et pour lesquelles on se bat pour les améliorer.
Q : Ne penses-tu pas que la multiplication des groupes 'rap' typés banlieue puisse nuire à la qualité de cette musique ? Quantité est souvent signe de perte de qualité, non ?
R : Non pas du tout. Le rap, il vient de la banlieue à la base et je ne pense pas que cela puisse nuire en quoi que ce soit à la Musique, je te le répète, c'est de là que ça part.
Q : Ne crois-tu pas que le rap, tout respectable qu'il soit, renforce la haine raciale, pour certaines personnes qui ont déjà des préjugés défavorables sur les gens des cités ?
R : Non je ne pense pas du tout, au contraire. Je pense que ces gens-là n'ont pas écouté ce qui se dit, je pense qu'ils n'ont pas compris notre culture. Il y a des fortes têtes qui voudront jamais rien entendre quoi qu'il arrive et qui refuseront toujours de comprendre.
Q : Que penses-tu de la politique, qui est très proche du rap à mon avis ? A quand la carrière politique ?
R : Je pense sincèrement que c'est difficile de leur faire confiance, ensuite je ne pense pas sincèrement que le rap et la politique aillent bien ensemble. Même s'il y a ce côté proche du peuple, représentatif de la population et que l'on parle un peu pour eux.
Q : Es-tu conscient de l'influence de tes textes sur la jeunesse et penses-tu que l'on puisse cautionner les sons de LIM ?
R : Je ne connais pas LIM, mais je suis conscient de l'influence des textes pour la jeunesse et c'est bien pour cela que je n'écris plus "de rimes gratuites". Je fais très attention à ce que j'écris parce que le fond du message est primordial et en tant que personne responsable, je ne peux pas me permettre d'écrire n'importe quoi, ni d'influencer n'importe qui.
Q : Que dirais-tu à un jeune qui s'engage à faire les conneries que tu as faites dans ton passé à l'heure actuelle ?
R : Je lui dirais, fais demi-tour immédiatement. Va à l'école ou travaille. Reprends ta vie en main. Saches que la rue ne t'apporte rien si ce n'est des ennuis.
Je vous remercie tous, merci de me soutenir j'espère que vous serez nombreux demain au Ninkasi Kao à partir de 20 heures. Il y aura Kery James, Tamdem, S Kadrill et moi-même. On va donner le maximum
Un gros big up à tout le monde.